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Personnalités de Villedômer

Émile BOUIN

Emile Bouin

Né à Auzouer-en-Touraine le 17 janvier 1883, Émile BOUIN était l’un des quatre enfants du boucher dont l’étal était en face de l’église de Villedômer. Après des études normaliennes, le jeune homme épousera le 20 août 1905 Germaine DAUBRON, la jeune institutrice de Villedômer. Ils enseigneront ensuite sur un poste double à Jaulnay. Pendant la Première Guerre Mondiale, il sera blessé et gazé puis décoré de la Croix de guerre avec Palmes. Entre 1919 et 1924, le couple enseignera à l’école publique de Bourgueil, où Émile sera directeur. Puis Vouvray accueillera les deux instituteurs avant Château-Renault pour Émile, Germaine ayant pris sa retraite.

Alors que le couple est installé rue du Paradis à Villedômer pour couler des jours paisibles et une retraite heureuse, éclate la Drôle de Guerre. Les deux retraités appartiendront, dès décembre 1941, au réseau Libération-Nord en Touraine. En juin 1944, l’ancien enseignant est dénoncé pour avoir été vu portant du ravitaillement à deux aviateurs Anglais dont l’avion avait été abattu au dessus de Reugny. Les deux soldats étaient cachés dans une caburoche (cabane de vigne utilisée pour entreposer les outils) près de Villedômer. Émile BOUIN sera déporté, dès juillet, au camp de Buchenwald en Allemagne.

Jusqu’au 5 février 1945, date à laquelle il va mourir d’épuisement et de maladie, Émile BOUIN va écrire quotidiennement à ses deux Germaine (sa femme et sa fille). Leur petite-fille, Martine BARILLOT, conserve avec amour ces lettres écrites sur des journaux allemands. Son grand-père y évoque la dure vie au camp, le travail du bois et l’appel du matin dans le froid glacial, la faim, les vols, les punitions, le four crématoire et des souvenirs familiaux.

24 décembre 1944 : "Le temps est comme hier...La bûche dans l’âtre ma famille ! Ma femme chérie, mes chers petits enfants, comme je pense à vous !" - "Courage, confiance, patience, persévérance ! Il faut tenir jusqu’à la libération !"

C’est le 25 avril 1999 que les enseignants, parents d’élèves et conseil municipal ont baptisé très officiellement l’école publique de Villedômer à son nom. A chaque rentrée, l’ancien directeur et résistant est évoqué comme pour mieux l’ancrer dans la mémoire collective. Il y a aussi une rue toute en courbes, bordées de belles demeures et de plantations luxuriantes, comme pour retracer au fil de la route la vie d’honneur et de travail d’un homme exceptionnel. Cette rue a été tracée dans le lotissement construit sur des terrains ayant appartenu à Germaine et Émile BOUIN.


Lucien BESNARD

Lucien Besnard

L’HISTOIRE :

Lucien Besnard et Florentine et Louis Vaillant, ses grands-parents, ont été nommés "Justes parmi les Nations" en 1997.
En 1942, suite aux premières rafles des Juifs à Paris, M. et Mme Zadjman, parents de six enfants, dont Simon, Albert et Suzanne, envoient un appel de détresse épistolaire à Louis et Florentine Vaillant, des amis qui habitent la commune de Pezou, située dans le Loir-et-Cher, afin qu’ils recueillent les trois plus jeunes enfants. Louis et Florentine acceptent immédiatement et c’est ainsi que leur petit-fils Lucien, agé de 18 ans, vient à Paris chercher les trois enfants afin de les amener à Pezou. Dés son arrivée, Lucien retire les étoiles jaunes cousues sur les vêtements de Simon, Albert et Suzanne, avant de partir vers la gare d’Austerlitz où un train doit les amener chez ses grands-parents. Louis et Florentine sont alors de condition très modeste et vivent dans une vieille maison, sans eau, ni électricité, composée d’une seule pièce d’habitation et d’une écurie, occupée par trois chèvres et quelques lapins. C’est donc dans une unique pièce que vivent Louis et Florentine, leur fille, la grand-mère de cette dernière, Simon, Albert et Suzanne, ainsi que deux autres petites filles juives de 8 et 3 ans, Henriette et Charlotte Mandelcwajg. Au regard des voisins, ces enfants réfugiés sont tout simplement appelés "Les petits parisiens des Vaillant". Jusqu’à la libération, Louis et Florentine protègent et élèvent ces enfants comme leurs propres petits-enfants, sans aucune distinction. Les enfants Zadjman ne reverront pas leur père, déporté et mort à Maïdanek. C’est Charles, leur frère aîné, qui récupère Simon, Albert et Suzanne le 15 décembre 1944.

Extrait du témoignage de Simon Zadjman

"Globalement, de toute cette période je garde une impression de vie un peu en marge ou à l’écart des autres, certainement parce que Grand-mère Vaillant nous surveillait toujours de très près, et, exigeait de nous avoir toujours à portée de vue de sa fenêtre (...) Dans mon esprit comme dans celui de toute ma famille, il est très clair qu’ils nous ont sauvé et protégé, et que sans leur secours qui a duré 2 ans et demi, nous ne serions probablement plus là"

L’INAUGURATION :

Samedi dernier 7 Décembre 2013, la foule est descendue en centre-bourg pour voir Lucien Besnard inaugurer la place qui porte désormais son nom, à Villedômer. Le premier cercle qui se forme autour de ce grand Monsieur est constitué de sa famille. Il y a Ginette, son épouse, qui s’inquiète à demi-mots, consciente des émotions que ce rassemblement provoque chez son mari  : « Ça doit le serrer. »
Dans un premier temps, Lucien Besnard n’a pas voulu être honoré comme il l’a été hier  : « Il a accepté quand nous sommes retournés le voir, mais à la condition que les enfants des écoles de Villedômer puissent être associés à la cérémonie », a expliqué le maire, Marie-Claude Foucher.
Les élèves ont fait mieux que cela  : ils ont appris pour lui deux chansons d’amour et de paix, « Erev Shel Shoshanim » et « Down by the River Side », qu’ils ont chantées après les discours. « M. Besnard est un Juste parmi les nations. Il a sauvé des gens », annonce Éloïse, 9 ans. Cinq enfants juifs ont en effet été cachés à partir de juin 1942 dans la ferme des grands-parents de Lucien, Florentine et Louis Vaillant, à Pezou, en Loir-et-Cher. Parmi eux, il y avait Albert et Simon Zadjman, qui étaient là tous les deux hier matin, venus exprès d’Israël.
" Les enfants ont vu un témoin "
Il y a quelque temps, Lucien est passé dans les classes de Villedômer pour parler aux élèves. « Il a plus insisté sur les notions de tolérance que sur l’histoire en tant que telle », précise Jérémie Sauvage, enseignant. « Cette rencontre a eu beaucoup d’impact sur les enfants, qui ont vu un témoin. » Un témoin modeste, qui n’a pas dit un mot du sauvetage à ses propres enfants pendant… cinquante ans. Ils ne l’ont appris qu’en 1997, quand Lucien Besnard a reçu, des mains d’Avi Pazner, la médaille des Justes parmi les nations, la plus haute distinction civile attribuée par l’État d’Israël. Lucien Besnard n’a pas pris la parole en public, hier, mais toutes les personnalités ont rendu hommage à la portée de son action de Juste. Très ému, il a glissé, après les discours et les chansons  : « On ne peut rien ajouter à tout cela. »

(Extrait de l’article de La Nouvelle République, paru dimanche 8 décembre 2013)


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